Midi libre: "Nous portons des idées, pas un candidat"

12/09/2020


Le maire de Nice (LR) Christian Estrosi lance le 22 septembre son mouvement politique, La France audacieuse. Il le présente et s’explique.


Vous avez donc décidé de transformer une association de maires en mouvement politique ?

Oui. Le 22 septembre, nous aurons l’assemblée générale et l’université de rentrée de La France audacieuse, à Saint-Germain-en-Laye. Et nous modifierons nos statuts pour transformer un club administré par près de 300 maires, avec 6 000 adhérents, en mouvement politique.


Pourquoi cette initiative ?

Quand nous avons créé ce club il y a trois ans, avec beaucoup de maires qui étaient d’anciens parlementaires, nous avons compris combien il fallait nous unir pour être entendus par l’État. Alors que nous sommes à la tête de collectivités qui incarnent près de 70 % de la croissance dans notre pays et de la commande publique et que les partis politiques répondent de moins en moins aux aspirations de nos concitoyens, nous voulons qu’existe dans notre pays un mouvement politique un peu au-dessus des débats partisans, plus près de la réalité des territoires. Nous porterons des idées mais pas un candidat présidentiable. Et chacun sera libre de sa parole.


Et vous restez chez les Républicains ?

Oui, chacun peut avoir une double appartenance. Je suis membre de LR, ça reste ma famille politique, même si les repas sont quelquefois ennuyeux, les invitations rares, les rencontres pas chaleureuses. Au sein de La France audacieuse, on débattra, et je ne demanderai pas de tests ADN pour savoir d’où les gens viennent.


Vous créez ce mouvement après avoir invité la droite et le centre à soutenir Emmanuel Macron en 2022…

Ce n’est pas la vocation de La France audacieuse de s’engager dans ce débat. Je suis bien élevé, je parle aux autres familles du grand village de la droite et du centre, nous nous y reconnaissons tous. Et sont exclus de l’adhésion tous ceux qui pourraient être proches des extrêmes, de gauche ou de droite.


Mais pourquoi ce choix personnel en faveur du chef de l’État. Forcément, ça allait faire réagir, non ?

Il y a eu quelques cris, de troisièmes ou quatrièmes couteaux, et beaucoup de prudence chez les leaders. À LR, ou au sein de la droite et du centre, aucune personnalité ne s’impose naturellement, il n’y a pas de Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy.Donc qu’est-ce qu’on fait, on reste sur le banc de touche pendant vingt ans ? Reconnaissons que certaines grandes réformes faites par Emmanuel Macron étaient dans notre programme, le code du travail, l’ouverture à la concurrence à la SNCF, etc.Nous avons plus de points communs que de différences, et nous aurions pu faire encore plus, notamment sur la sécurité, si nous avions accepté de participer à des coalitions. Et une grande part de la main-d’œuvre qualifiée des gouvernements Macron vient de chez nous. Dont deux Premiers ministres. Donc pourquoi ne pas discuter d’un accord possible ?


Une majorité pouvait-elle se mobiliser autour de François Baroin ?

Mais ce débat vient d’être clôturé par Christian Jacob. Il a dit : "Nous n’en débattrons pas mais nous trouverons une procédure pour choisir un candidat aux présidentielles au mois d’avril." Cette réaction du président de LR montre bien qu’il n’y a pas d’offre sur le marché. Mais c’est vrai que si François Baroin s’était déclaré en cette fin d’été, le débat eut peut-être été différent. Mais tel n’est pas le cas, et en avril ont lieu les élections régionales.


Pour lesquelles vous prônez aussi l’union la plus large ?

On va sortir une candidature de témoignage au mois d’avril et nous irons tout seuls aux régionales ? On croit garder les régions qu’on a gagnées en 2015 ? Je pense que le contexte politique d’aujourd’hui ne favorisera pas le fait de pouvoir garder les régions Sud, Rhône-Alpes Auvergne, Pays de la Loire, Grand Est. Ou d’en gagner d’autres. On n’y arrivera pas si on ne cherche pas de grandes alliances entre la droite et le centre qui dépassent les clivages partisans et qui soient déjà les prémices d’une sorte de coalition au service de l’intérêt général.


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